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 On ne prête qu'aux tiers!

1/9/2008

http://fr.youtube.com/watch?v=cYG1O6Okxvc 

 

 

 

1)Tiers échanges publics!

 

(source : http://villemain.canalblog.com/archives/2008/08/30/10399156.html )

 

-Merci pour tout ça, Marc.

Posté par Redonnet, lundi 1 septembre 2008 à 08:38
 
 

-Une chronique magnifique et des notes de réponse exigeantes. C'est un bonheur d'écouter une pensée.

Je dois cette lecture à Bertrand Redonnet qui a signalé votre chronique sur le forum de tiers livre.

J'achète ces "Chroniques carcérales" sans plus tarder.

Merci.

Posté par michèle pambrun, lundi 1 septembre 2008 à 17:25

 

 

(source : http://www.tierslivre.net/forum/viewtopic.php?id=148 )

 

Titre : Marc Villemain, par Bertrand Redonnet 

 

Merci à Marc Villemain de signaler ici  avec beaucoup d'intelligence un livre que "le publiement correct" s'attachera sans doute à passer sous silence.

http://villemain.canalblog.com/ 

 

 

Autre bonus pour les toutous! http://fr.youtube.com/watch?v=ZwVy2Xjm3wM 

 

 

(source : http://wrath.typepad.com/wrath/2008/09/dnoncer-les-bouses-et-proposer-des-alternatives-le-rle-des-blogueurs-face-la-presse-crite.html )

 

-Francois Bon est un "écrivain français", c'est inscrit dans son C.V qui est long comme le bras. François Bon est déjà une institution. François Bon est toujours du bon côté de la barrière. François Bon est le redresseur de torts des autres. François Bon écrit pour combattre l'Ennemi. François Bon aime l'avant-garde quand il pense en faire parti. François Bon n'aime pas la concurrence (talentueuse). François Bon est toujours sérieux, un peu ennuyeux. François Bon n'écrit pas, il explique ce que tu n'as pas compris. François Bon est persuadé d'avoir découvert le Net avant les autres. François Bon écrit trop sans se relire. François Bon devrait faire un effort de "sensualité" dans l'écriture. François Bon n'aime pas l'écriture "qui raconte des histoires". François Bon n'aime pas le style mais l'intertextualité. François Bon a reçu autant de médailles qu'un général soviétique mais François Bon déteste les honneurs.
Un jour, François Bon sera à l'Académie Française.

 

-Merci Jean Mauvet d'avoir répondu à ma place!

 

 

 

2) Tiers échanges privés!

 

-Mail envoyé le mercredi 4 avril 2007 au soir à fbon@ducon.fr (ou fbon@tierslivre.net )

 

Titre : salutation et manuscrit

 

Objet : Déplacements au Seuil, Ecrire, expérimenter, contrer

 

Cher Monsieur,

 

Je viens de prendre connaissance de la nouvelle collection éditoriale que vous dirigez, et je me permets donc de vous soumettre mon premier texte. Il s'agit d'une confession autobiographique, génériquement parlant. Cette perspective de lecture me parait, aussi catégoriquement définitive et ainsi étiquetée, assez peu pertinente, du moins réductrice, littérairement parlant. Ce premier texte, achevé en mars 2006, il y a tout juste un an, place la question du déplacement au centre, littéralement et littérairement, et ce à tout niveau de lecture (textuel et métatextuel), comme vous le verrez peut-être si la curiosité vous en dit.

Vous souhaitez une postface. Je ne sais pas si ce mail contentera votre exigence, dans le fond comme dans la forme, tant il est vrai que je pourrais disserter longuement sur ce premier texte, avec toutefois des difficultés à vous rendre ca clairement. Formaliser en mots la richesse équivoque et pluridimensionnelle de mon texte n'est pas simple. Cela étant, je vous dirai que tout y est consigné en lui-même, puisqu'il s'agit de mon premier texte. Ce statut ne peut exclure la problématique de la confrontation à l'écriture, sujet et objet, matériau et horizon.

Je n'ai jusque là pas souhaité l'envoyer à des éditeurs, considérant très prétentieusement qu'il serait trop tot, que ce texte, par trop complexe, n'intéresserait surement pas un grand nombre de gens. Or, mon age et ma situation font que mon rapport prioritaire, éditorialement parlant, avec mes futurs lecteurs, est un rapport économique : le pognon. Littérairement, j'écris à un narrataire absolu, qui est à la fois "moi" et une certaine conception idéaliste de la femme. Conception que je ne saurai formaliser, puisque je la cherche. J'en pose peut-être ici les bases, si l'on considère ce sur quoi j'ai rebondis après ce texte : quelques poèmes et un deuxieme roman, purement fictif, génériquement parlant. Enfin, ceci est un autre sujet, que je ne peux ici expliciter dans le contexte d'un résumé et d'une présentation. J'en reviens à ma confession.

Vous dire simplement que ce texte, on pourrait l'apparenter à une bible, par sa richesse que découragerait, y compris de ma part, toute étude exégétique digne de ce nom, rigoureusement académique et littéraire, j'ai bien tenté, non, j'ai exprimé la virtualité de mon époque.

Tout est virtuel maintenant : les gens, les textes, les idées, les sentiments, les relations, les corps, les identités, les plaisirs, les souffrances. La vie. Mon autobiographie ne se positionne donc pas, dans la forme ni dans le fond, sur la question ontologique d'un référent qui serait la Vérité, mais plutot l'Existant, ce qui est, ce qui n'est pas, qui devrait etre, qui aurait du etre, ou pas. Rien de bien nouveau, mais la littérature, ce n'est pas que le "quoi", c'est aussi le "comment". Etant moi-même un personnage, rien n'interdit une lecture fictionnelle, par exemple, de cette diégèse qui formalise le "moi" vis à vis du reste du monde, de l'altérité, et réciproquement.

Enfin, si j'ai du mal à vous en parler de facon non sibylline, c'est aussi que mon texte accuse et esthétise l'incommunicabilité ontologique inhérente au contact humain. Un texte, sujet-objet d'écriture, implique dans sa métatextualité même cette question du rapport à l'autre, de la confrontation. Si Rousseau a brillé dans ses Confessions par ce que la critique se gargarise à désigner prioritairement et sommairement comme un texte à prétention universelle sur son traitement de l'humanité, ma confession, elle, par le truchement de mes intentions et de mes désillusions, définit l'inhumanité : la mienne, avant tout. Non pas au sens moral, idéologique, mais dans un sens plus métaphysique. Vous dire si ce texte est le reflet immanent ou transcendant de mon "moi", serait pour moi impossible. Je crois que j'esthétiste et thématise cette indécidabilité définitive. Au final, je vous invite, si vous en avez le temps et le loisir, à considérer ce texte comme un doute, une intéressante torture intellectuelle : programmation déprogrammée, ou déprogrammation programmée? Vous y trouverez, je le dis prétentieusement, une représentation rarissime de l'imperfection humaine, littéraire, qui brille par son aplomb dans la laideur, et qui l'assume. Reflet d'un monde qui a mon sens n'a plus de valeur, et qui vit une crise de l'exemplarité. J'ai donné l'exemple. Depuis un an que ce texte est fini, je vois de nombreux échos fortuits dans les publications, productions littéraires, voire paralittéraires. Preuve que mon texte est primordial. J'y apporte une précision qu'il n'appartient qu'à vous de réfuter ou d'approuver : mon texte est le meilleur. Ou le pire, mais peu importe, ca revient au même. Une confession se doit d'être sale, puisque comme disait Yourcenar, dans ses "Feux", rien de plus sale que l'amour-propre. Ma confession est parfaitement imparfaite, en ce sens que le moindre ajout, la moinde correction, la moindre suppression, la pervertiraient. Ou pire, la rendraient meilleure!

Plus légèrement, j'espère que cela vous intéressera.

Je vous prie de croire, cher Francois Bon, en l'expression de mes sentiments les meilleurs. En vous remerciant d'avance d'un éventuel retour de votre part, je vous souhaite une excellente continuation.

 

Respectueusement,

 

Michael Flame

 

PJ : -premier texte

-un petit mp3 en guise d'épigraphe musicale (a posteriori)

-sa future couverture ;)

 

 

 

 

-Le 1er septembre 2007, vers 22h à fbon@ducon.fr

 

Titre : auteur absolument indigne de confiance !

 

Cher Monsieur,

 

Je suis au regret de vous exprimer ma déception quant au non retour de réponse de votre part. Vous étiez le premier éditeur que j'honorais de l'envoi de ma confession, et de son désir extrême, pour ne pas dire nécessaire, d'être publiée.

Que la réponse eût été négative passait encore (mes textes se méritent en effet!), mais vous conviendrez que dans l'indifférence, il y a cette dimension d'arrogance humainement déplacée et non avenue. De fait, vous ne me reprocherez pas de clore ici clairement tout projet littéraire digne de ce nom entre nous : je n'assume pas l'humiliation des autres. Paradoxalement, ca ne me blesse guère, ayant suffisamment d'orgueil pour le supporter avec philosophie et amusement. A se demander simplement si le siècle des Lumières a réellement existé!

Vous devinant à ce stade là de lecture encore convaincu du bien fondé de votre indifférence, je me paie le luxe de noyer dans l'oeuf toute vélléité narcissico-éditoriale de votre part, en vous confiant mon début de deuxième roman. Qui paraitra surement très bientôt, vous n'aurez qu'à payer pour le découvrir, avouez que c'est justice!

Très bonne continuation cher Monsieur, je ne doute pas que l'histoire vous retiendra, comme elle a retenu déjà, et qu'elle retiendra, bon nombre d'illustres imbéciles. La littérature elle, plus intransigeante, vous remerciera de m'avoir "offert" un meilleur éditeur, à défaut d'un bon. Vous ne vous étonnerez pas de ce retour, modestement mérité, j'en suis sûr. Que cela ne vous monte pas le bourrichon en plus de vous indifférer, voire de vous pseudo-amuser, je ne vous apprécie pas sur preuve, ce n'est pas arbitraire. Mais ne le prenez pas bien pour autant, car ma façon d'apprécier est plus intense que votre façon d'adorer, d'ignorer, de publier, de déplacer, etc (quel homme occupé!).

C'est ainsi, dans la vie y a trois catégories de personnes : celles qui savent compter, et celles qui savent pas.

 

Formellement et courageusement,

 

Michael Flame

 

PJ : chapitre 2 échanson d’un chantier en chansons + The Doors, Alabama Song

 

 

 

 

-De : François Bon fbon@ducon.fr Envoyé : dimanche 2 septembre 2007 12:03:59 À : Michael Flamand Objet : Re: auteur absolument indigne de confiance!

 

cher monsieur,

nous avions effectivement pris connaissance du texte transmis en avril

malgré le dispositif apparemment moderne de référence à la communication par e-mail, la langue chargée de passé simple, la focalisation sur la subjectivité du personnage principal rendent ce texte très conventionnel, et difficilement perceptible son enjeu littéraire

nous ne saurions en être l’éditeur, et vous souhaitons le meilleur succès dans vos démarches

FB

 

 

-A 12h25 à fbon@ducon.fr

 

Titre : merci de ce retour, bonne continuation

 

Cher Monsieur,

 

Il n'en fallait pas moins pour me consoler, merci beaucoup! Mais ne soyez pas trop hypocrite dans votre démarche, svp : votre réponse, aussi belle et sincère soit elle, arrive un peu tard (l'histoire littéraire montrera que la veille vous aviez eu mon mail!) Ensuite, la lecture de mon texte doit remonter à bien longtemps (envoi de ma confession en avril 2007), en plus de ne vous avoir pas marqué. De fait, je m'étonne de votre hypermnésie critique. Vous avez comme les pc des points de restauration de système quant aux souvenirs refoulés des moments littéraires inoubliables? Allons allons...votre critique, par sa superficialité que contredirait toute lecture estudiantine un tant soit peu honnete et humble, en dit long sur l'abyme qui nous sépare. Moi par exemple, j'ai bien feuilloté votre prose blogesque à l'époque de mon envoi, et sincèrement, il ne m'en reste rien. Je me passerai bien de vous pondre un prototype sophiste pseudo littéraire sur son contenu, de mémoire. Et je ne l'ai pas si sélective. Si la subjectivité au passé simple de mon texte vous ennuie( a moins que vous fassiez allusion à mon début de deuxieme roman envoyé hier? comment savoir à quel texte renvoie votre critique? lol), j'entérine ici pour toujours le présent de votre nullité. C'est minable, tout simplement.

Sur ce, notre échange prend ici fin. Il fut bref, mais peu intense! Il ne saurait y avoir entre nous de "querelle littéraire" digne de ce nom. Je vous laisse interroger l'ontologie de votre réception de mon texte pour en tirer sa plus petite valeur, qui à elle seule dépasse tout ce que vous pourrez bien émettre.

Très bonne continuation néanmoins.

 

Rapidement,

 

Michael Flame

 

PS : on se demande à quoi ca a servi que Paul Ricoeur vienne au monde, quand on vous écoute sérieusement! Heureusement pour lui, je me marre. A sa mémoire, mais il mérite mieux que de vous avoir marqué vous (si tant est que vous l'ayez lu et compris), il y a une justice dans ce monde.

 

PJ : y a d’la haine, Rita Mitsouko

 

 

 

-De : François Bon fbon@ducon.fr  Envoyé : dimanche 2 septembre 2007 14:12:23 À : Michael Flamand Objet : Re: merci de ce retour, bonne continuation

 

vous m’aurez au moins fait bien sourire !


F

 

 

-Tout de suite après, à fbon@ducon.fr

 

Titre : un dernier sourire pour la route? ;)

 

Monsieur,

 

A votre âge, on peut se permettre d'être bref. Ca prépare!

 

Méchamment,

 

MF

 

 

 

Voilà, à bientôt pour la suite des BEST-OF!!

 

Publicitairement,

 

MF

 

http://fr.youtube.com/watch?v=l02m6cePHAU 

Catégorie : Non spécifié

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