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5/4/2009

Lapierre/Flame

 

 

 

 

 

 

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Où me sauver ? Tu emplis le monde. Je ne puis te fuir qu'en toi.

 

in Feux, de Marguerite Yourcenar

 

 

 

(source : http://wrath.typepad.com/wrath/2008/10/faut-il-tenter-les-ateliers-dcriture.html )

 

19 octobre 2008

 

Faut-il tenter les ateliers d'écriture?

 

Dans la catégorie "cimetière des blogs", je regrette la disparition de Brise Marine (alias Galadrielle), qui me faisait bien rire avec ses histoires d'atelier d'écriture:

"La journée n’avait pas été terrible ; les participants à l’atelier m’avaient particulièrement tapé sur les nerfs. 'Moi, j’écris à l’instinct, comme ça me vient. Je me laisse guider par l’émotion. Je ne suis pas cartésienne, moi', avait expliqué une des nanas pour justifier la mauvaise construction de son histoire."

Disons-le tout de suite: les ateliers d'écriture en France n'ont pas le niveau de professionalisme des cours de creative writing proposés par les universités anglo-saxonnes. Quand on voit que des pointures comme Jeffrey Eugenides, Edmund White et Joyce Carol Oates enseignent l'"écriture créative" à Princeton, on a un aperçu du sérieux et de l'exigence de la discipline.

Rien de tel en France. Les ateliers d'écriture, c'est un peu comme le yoga ou l'aquarelle: expression personnelle, réalisation de soi, et surtout pas de règles trop contraignantes. Il suffit de se plonger dans "350 techniques d'écriture créative " (ed. Eyrolles) pour comprendre cette philosophie new age:

"Vous voilà entré en écriture. Et c'est un territoire si immense qu'il y règne aux premiers abords le grand silence de la page blanche. Imaginez!" (p. 13)

"Pour avancer dans l'écriture, vos bagages sont on ne peut plus légers: un crayon, un stylo, une plume ou un clavier d'ordinateur, des feuilles de papier. Si le crayon n'accroche pas, si la plume glisse toute seule, c'est mieux: dans la spontanéité de la pensée qui chemine sur la page, le passage doit être aisé. Quant au papier, si vous écrivez à la main, une vraie feuille blanche, format A4, 20 g, genre papier photocopie ou un cahier exempt de lignes ou de petits carreaux sont l'idéal: les carreaux sont parfois des petits barreaux qui encadrent et de fait, enferment la pensée." (p.5)

Des carreaux qui enferment la pensée? Qui peut gober ce baratin new age, à part quelques mémères ménopausées décidées à s'exprimer créativement? Tout le guide est écrit sur ce registre "libère-toi, libère ton écriture". Il y a même un exercice "écrire une lettre au père Noël" (p. 374). Affligeant...

Dans un genre un peu différent, vous avez aussi "Ecrire pour le théâtre " (toujours aux éditions Eyrolles). L'auteure consacre les deux tiers du guide à faire un historique des genres théâtraux, avant de se poser la question "Existe-t-il des lois, recettes, règles, ficelles, etc.?" (p. 133) Et sa réponse est en substance: oui, il y a des règles, mais je ne vais pas vous les dire ici car "se moquer des règles peut générer des oeuvres majeures du répertoire".

Et c'est précisément là où est l'ambiguité de ces guides et ateliers d'écriture. Si on refuse toute règle, pourquoi organiser un atelier? S'il n'y a pas de critère objectif pour différencier une bonne oeuvre d'une mauvaise, pourquoi faire des exercices d'écriture? J'ai bien peur qu'il n'y ait qu'une solution pour Galadrielle et les autres déçus des ateliers d'écriture: se tourner vers un bon manuel de creative writing (celui de Bob Mayer, par exemple...)

 

 

 

Commentaires :

 

en même temps, ça doit être une expérience assez poilante, j'avoue que je tenterais bien le coup. ça peut donner des choses à raconter, à défaut de m'indiquer comment...

Heureusement que les ateliers d'écriture français sont du patinage dans la semoule. Il y a déjà trop d'écrivains, en France. Si, en plus, ils savaient écrire, ce serait atroce !

C'est drôle, bien vu Wrath.
Sinon, pour le fond : il y a évidemment des règles indispensables, mais si elles sont nécessaires, elles ne sont pas suffisantes. Sinon ce serait enfantin, il suffirait d'apprendre et tout le monde écrirait de bons livres, on croulerait sous les merveilles à lire. Sans même parler des auteurs et de la qualité, pas un seul éditeur ne connaît la recette du succès – il suffirait d'engager un bon pro, et bingo, plus besoin de publier des trucs à 5 000 exemplaires. (Sauf que, bien sûr, et Lise-Marie ne s'en rend peut-être pas tout à fait compte, les éditeurs pensent beaucoup aux ventes et à l'argent, mais pas seulement. Ils aiment bien la littérature, aussi – je ne dis pas que ce qui se vend en masse n'est pas de la littérature (il faut prendre des pincettes, ici), mais juste que la bonne littérature ne se vend pas toujours en masse.)

Merci, Lise-Marie, il est délicieux, ce blog.

Merci Thierry, il est marrant, ton lien !

C'est toujours pareil, tout dépend de quoi on parle; le lien donné par Thierry est effectivement éclairant: la présentation d'"Ecrire un roman 2" est explicite, il s'agit d'aider à bâtir une intrigue, construire des personnages dans une histoire sympa, qui puisse se lire facilement; la "cible" est encore précisée par la couverture: une belle femme romantique qui regarde en arrière (ah l'Amouuuuur), une voiture inquiétante dans le registre rétro, une carte du monde en arrière plan (un bon livre vous fait voyager loin, c'est o-bli-gé); bref, du harlequinage, rien qui soit supposé bouleverser la donne, créer du nouveau et du personnel. Le rapport avec la littérature est évidemment très très lointain.
Entre la formule atelier d'écriture cool, convivial où chacun se complait dans ses habitudes d'écriture sans progresser (excellemment décrite par Galadrielle _ Gala, si tu nous lis, salut à toi!) et la formule livre-mode-d'emploi-laissez-vous-guider-on-vous-explique-tout, la première formule pataugeant dans l'impressionnisme, la seconde dans l'archi-formatage, je doute qu'il y ait un équilibre possible.
Le point où je te rejoins, Wrath, c'est que oui il y a de la technique dans l'écriture, tout ne passe pas, loin de là, par l'inspiration-l'intuition-l'envie etc. mais si on met à part les cas de fictions industrielles avec cahier des charges, la "technique" d'une oeuvre personnelle s'acquiert sur le tas, à partir, je pense, d'un va-et-vient constant entre lectures et essais d'écriture.

Le coup des feuilles à carreaux c'est tordant! je suppose qu'ils insistent sur ce genre de considérations grotesques parce que comme l'a dit quelqu'un au-dessus, il y a des choses qui ne s'apprennent pas. C'est comme les livres qui vous enseignent le dessin, j'en ai un à la maison, des dizaines de pages sur le matériel, et au final rien sur le dessin.

Les gens ont envie de se croire géniaux (ou, au moins, talentueux). Il y a des méthodes qui, effectivement, permettent à n'importe qui d'écrire un roman. Mais pas forcément un bon roman.

Le mensonge est là : on dit aux gens : apprenez à écrire un roman et ils comprennent : apprenez à écrire un bon roman. Mais le mensonge, il est autant chez les gens qui entendent ce qu'ils veulent, que chez ceux qui omettent de leur préciser…

Bon, quelque chose qui n'a rien à faire ici, je suis désolé, mais après tout, Wrath se sert des auteurs publiés et des éditeurs pour faire parler d'elle, je peux bien me servir de Wrath pour écrire mes livres. Voilà : j'ai un roman qui sort en janvier, et je n'ai pas de titre (je suis nul en titres). Il m'en faut un pour mardi midi (dernier délai). L'histoire, c'est une famille prise dans un incendie gigantesque (40 kilomètres de forêt qui brûlent), une famille entourée par les flammes dans un cul de sac (une plage, mais ils ne peuvent pas aller dans l'eau, car la fumée recouvre progressivement la mer, et ils ne tiendraient que quelques minutes avant d'être asphyxiés). Il y a 700 ou 800 personnes coincées vaec eux sur cette plage, et on se demande pendant la lecture qui va s'en sortir. Alors, un titre drôle ou farfelu n'est pas possible – il y a des morts –, et je n'ai pas envie d'un titre à sensation, genre "L'enfer de la plage" ou "Prisonniers du feu" ou je ne sais quoi. J'offre, je ne sais pas, restons dans l'esprit de ce blog, un dîner à la Closerie et dix verres au Flore à celui ou celle qui m'en trouve un, de titre.

"Lost"

(OK, je sors...)

"Reviens mon ex, mon extincteur"
"La marée était en noire"
"Cale sèche"
"Les ailes de la bête"

Ta dotation te trahit, philou, une fois de plus. Bravo, néanmoins, pour ta prochaine publication, ça a l'air génial!

Sur les ateliers, j'ai un avis mitigé. Je connais des gens trés doués qui utilisent des "méthodes" pour acquérir les rudiments techniques (quelle que soit la discipline) et qui ensuite remettent tout ça à leur sauce, vont bcp plus loin, pour finir par faire des trucs trés bien. D'autres seront réfractaires à tout ça, feront leur truc dans leur coin et atteindront plus facilement quelque chose d'original, d'innovant.

"Une flamme trop déclarée"
"Feu la plage"
"4 éléments de la mort"

Huis-clos à ciel ouvert
Apnées

Ah ah, c'est drôle, on voit les fous furieux qui passent par ici. Les ailes de la bête ?? Quatre éléments de la mort ?? (A propos, les éditeurs disent qu'il ne faut surtout pas mettre "mort" dans un titre. C'est vrai que Mort à crédit ou Mort à Venise, ça a fait des bides terribles...) Bon, merci, quoi qu'il en soit, mais victuailles mondaines et alcools trop chers sont toujours en jeu...

Feu ma mer
Le Barbecue du midi
Merguez sur la plage / La plage aux merguez
Un feu furieux

Signé : un fou furieux

Le chameau apprivoisé ? le vieux chameau ? le chameau grillé ? le chameau au club med ? (******, un doublé au Flore, ce serait trop beau, tu deviendrais l'idole de toute l'EFAP).

"Sur le rivage" (cela fait référence au roman et film très connus "Le dernier rivage", dont le titre anglais est "On the beach").

[Quand] la mer brûle.

De l'eau et du feu.

La fin de l'été (si toutefois c'est la saison…)

"Smoke on the water"

Tout brûle

(si le dîner, c'est avec les dix verres, je prends) :

Le feu sous la peau
Extinction
Pleins feux
De feu et de sang
De feu et de cendres
Un été brûlant
Combustions
Principe général du feu
Embrasement
Exothermie
Retour de flamme
Langues de feu
Un été sous la cendre
Incinérations

Que voici un post brûlant (mais un peu loin de son objet de départ)

Au contraire Marc, nous sommes en plein travaux pratiques. Philou anime bénévolement le cours de creative writing (aujourd'hui, trouvons un titre). J'en propose un de consensuel, avec une belle référence culturelle :
"Coquillages et grands brûlés"

"Sous les charbons, la plage"
"Poumons paumés"
"Baignade interdite"
"Tu as pensé à la crème solaire?"
"Beach fumée"

Brûlures

Coup de soleil.

Qui nous dit que PhJ. est vraiment Ph. Jaenada ou un IMPOSTEUR? (ta-ta-taaa!...)

Quelle importance ?

Sinon, pour conquérir le marché anglo-saxon (le seul qui compte, comme chacun sait):
"A fucking burning day"

Tout feu tout flammes
Sans issue
Le brûlot
coup de feu

Merci, Marco.
Donc :

Putain de canicule !
Bordel qu'on a sué !
Chauffe, Marcel !
Putain de cagnard !
Y'avait ni taxi, ni Tobrouk
Le jour qu'on s'est cramé les burnes !
La rôtisserie de la plage
Panique à la paillotte


Soleil noir
La nuit à midi (ça c'est une référence au Zéro et l'Infini, titre anglais : Darkness at Noon)
Neptune et Vulcain

Méchoui de fin d'été
Le barbecue pour les nuls
Où t'as mis la crème solaire, maman ?
Vivement le Déluge !
Le bronze-couillons
Jette pas le bébé avec l'eau du pain
Les merguez étaient trop cuites
J'aime pas l'eau.

Dans la simplicité:

Incendie
Le brasier
La mer et les cendres
Le bûcher
Psychologie du feu

Peut-être mes meilleures suggestions (très pynchoniennes certes):

Face au feu
Contre le feu
Contre-feux

Je vote pour "le chameau grillé" (merci Max Léon). Et je suis heureuse de voir que PhJ fait preuve de modestie, en faisant appel aux talents créatifs de mes lecteurs non publiés. A quand l'atelier "je suis accro aux parenthèses, comment perdre cette sale habitude?" ou "ma carrière est en déclin, y aurait-il un wannabe/ nègre pour la sauver?"

@ PhJ. Je proposerai

"Bain de foule"
"les dunes de proximité"
"le sablier des condamnés"
"De l'importance de ne pas faire de vagues"

@François Martini: vous vous êtes fait l'intégrale de Max Pecas récemment? :D

un truc simple, Fumées, ou Fumée.
Faut peut-être pas trop faire trop sensationnel, vu le sujet...
Si, PhJ, vous n'avez pas encore le titre, ça veut dire, suis-je malin, que le livre n'est pas encore fabriqué. Je suis curieux: en général, la fabrication intervient combien de temps avant la sortie? Et l'envoi aux journalistes?

fumées de sable
sable incendie

et le dîner, c'est tout seul ou avec PhJ?

Ça bosse, ça fait plaisir. Il y a quelques titres auxquels j'avais déjà pensé, dans la liste.
Non, César, le livre n'est pas encore fabriqué, forcément, mais c'est aussi parce que je l'ai rendu très en retard. La réunion des représentants, par exemple (les commerciaux des différentes régions qui vont devoir aller "vendre" le livre aux libraires), c'est mardi. Se retrouver devant trente types aux aguets et ne pas avoir de titre, ça la fout un peu mal. A part ça, le livre doit être fabriqué mi/fin novembre, et envoyé aux journalistes courant décembre. (Pour la rentrée de septembre, à cause des vacances, c'est plus tôt : le service de presse se fait mi-juin, en général. Mais de toute façon, les maisons ont déjà arrêté leur programme depuis janvier au plus tard.)

Light my fire
ou mieux : Vos luttes

"(...) blablabla ...aux talents créatifs de MES lecteurs non publiés."
Tu interviens peu mais toujours à propos, Wrath: mégalomanie et narcissisme assurés à chaque ligne. Et évidemment, tu élis l'un des plus mauvais titres (à moins que tu le fasses exprès...). Rien qu'avec cette phrase, avec ce choix, on comprend mieux tes difficultés à être publiée...mais continue de bosser: je crois que ta "production" est très attendue. :-)

"Vamos a la Playa"

euh "au coeur des limbes"
(y a coeur dans le titre, ça devrait faire un carton ;-) )

Georges et Louis à la plage
Pin-pon
Tristes Landes
En attendant les canadairs

ASPHYXIE

air chaud

Indice de protection

Le paradoxe d'Héraclite
La grève du feu

Interdiction de fumer
Farenheit 711 (le nombre de victimes)
La mer était bonne
Flemme et flammes
Entre les flammes
Tout feu tout flamme
Carbonisés
Combustion
Le bûcher des vacanciers
Fournaise

Le chant des sirènes

"fahrenheit 451" ? (merde, c'est fait)
"La plage sentait le cochon brûlé"
"chaleurs tropicales"

 

 

Humblement,

 

MF

 

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Catégorie : Non spécifié

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